Livre premier - L’écueil

  • Ce qu’on y voit et ce qu’on y entrevoit (2)

    Cet antre se compliquait d’un alhambra. C’était la rencontre de la sauvagerie et de l’orfèvrerie dans l’auguste et difforme architecture du hasard.
    Les magnifiques moisissures de la mer mettaient du velours sur les angles du granit. Les escarpements étaient festonnés de lianes grandiflores, adroites (...)

  • Ce qu’on y voit et ce qu’on y entrevoit (1)

    De l’ombre qui éblouit ; tel était ce lieu surprenant.
    La palpitation de la mer se faisait sentir dans cette cave. L’oscillation extérieure gonflait, puis déprimait la nappe d’eau intérieure avec la régularité d’une respiration. On croyait deviner une âme mystérieuse dans ce grand diaphragme vert (...)

  • Le dedans d’un édifice sous mer

    Ce demi-jour vint à propos.
    Un pas de plus, Gilliatt tombait dans une eau peut-être sans fond. Ces eaux de caves ont un tel refroidissement et une paralysie si subite, que souvent les plus forts nageurs y restent.
    Nul moyen d’ailleurs de remonter et de s’accrocher aux escarpements entre lesquels (...)

  • Découverte

    Un écueil voisin de la côte est quelquefois visité par les hommes ; un écueil en pleine mer, jamais. Qu’irait-on y chercher ? ce n’est pas une île. Point de ravitaillement à espérer, ni arbres à fruits, ni pâturages, ni bestiaux, ni sources d’eau potable. C’est une nudité dans une solitude. C’est une (...)

  • La forge

    Le magasin fait, Gilliatt fit la forge.
    La deuxième anfractuosité choisie par Gilliatt offrait un réduit, espèce de boyau, assez profond. Il avait eu d’abord l’idée de s’y installer ; mais la bise, se renouvelant sans cesse, était si continue et si opiniâtre dans ce couloir qu’il avait dû renoncer à (...)