Livre deuxième - Mess Lethierry

  • On est vulnérable dans ce qu’on aime

    Mess Lethierry avait le coeur sur la main ; une large main et un grand coeur. Son défaut, c’était cette admirable qualité, la confiance. Il avait une façon à lui de prendre un engagement ; c’était solennel ; il disait : J’en donne ma parole d’honneur au bon Dieu. Cela dit, il allait jusqu’au bout. Il (...)

  • La vieille langue de mer

    Ces marins des Channel-Islands sont de vrais vieux Gaulois. Ces îles, qui aujourd’hui s’anglaisent rapidement, sont restées longtemps autochtones. Le paysan de Serk parle la langue de Louis XIV.
    Il y a quarante ans, on retrouvait dans la bouche des matelots de Jersey et d’Aurigny l’idiome marin (...)

  • Un goût qu’il avait

    Gilliatt était un sauvage. Mess Lethierry en était un autre.
    Ce sauvage avait ses élégances.
    Il était difficile pour les mains des femmes. Dans sa jeunesse, presque enfant encore, étant entre matelot et mousse, il avait entendu le bailli de Suffren s’écrier : Voilà une jolie fille, mais quelles (...)

  • Vie agitée et conscience tranquille

    Mess Lethierry, l’homme notable de Saint-Sampson, était un matelot terrible. Il avait beaucoup navigué. Il avait été mousse, voilier, gabier, timonier, contre-maître, maître d’équipage, pilote, patron. Il était maintenant armateur. Il n’y avait pas un autre homme comme lui pour savoir la mer. Il était (...)